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plainte adressée au gouverneur de Mohammédia le 18 mai 2006

Mohammedia, le 18 Mai 2006


Votre excellence,


Je suis marocain résidant en France où j'ai toujours tenu à donner la meilleure représentation de mon pays et où j'exerce en tant que consultant international en management et chef d'entreprise.

M. et Mme. Xavier et Frédérique LE GOUEFF sont mes amis depuis quelques années. Depuis 2 ans, nous mûrissons le projet de création d'une chaîne de restauration rapide à la française. Mes amis ainsi que leurs enfants connaissent le Maroc ce qui explique leur 4ème visite et leur engagement dans cet investissement. Ils ont visité plusieurs pays mais ont une préférence toute particulière pour le Maroc dont ils apprécient la chaleur et la générosité des habitants ainsi que la quiétude et le sentiment de sécurité garantis par les pouvoirs et autorités du pays.
Avant d'entamer les investissements qui se doivent, nous avons décidé de faire un test grandeur nature. Nous sommes venus ensembles au mois de novembre pour voir le site. Il s'agit d'un restaurant où mes enfants et moi, mangions souvent et réservions des relax à chaque vacances que nous passions aux Sablettes. Des accords furent conclus avec le propriétaire et nous sommes retournés en France. (Photo du local avant travaux d'aménagement)

Le 19 Avril, c'est totalement motivés et animés d'une grande joie que nous nous sommes présentés aux services de douanes à Tanger pour nous acquitter des droits et taxes concernant le matériel que nous avons importé (voir copies des quittances de douanes). Quoique nous ayons amené quelques appareils de France, nous avons quand même tenu à en acquérir une bonne partie sur le marché local.
(Photo du local avant travaux d'aménagement) Nous nous sommes donc attelé en parallèle aux travaux d'aménagements et aux formalités exigées par les autorités marocaines. Nous nous sommes donc adressés à la police pour les titres de séjour, à la division économique pour l'autorisation d'exercer une activité saisonnière nous permettant de réaliser notre test et à la direction des ports et du domaine public maritime pour une parcelle servant de terrasse et de relax pour nos clients. Sur cette
dernière demande et afin d'être prêt à travailler dès que toutes les conditions seraient réunies, nous avons prévenu monsieur le directeur général que « ne doutant pas une seconde de son acceptation, nous allions démarrer les travaux » qui se résument en une terrasse de 3,50 m de profondeur entièrement démontable.


Le 7 mai, exactement le jour où nous venions de terminer cette terrasse qui nous avais pris plus d'une semaine, une bande de 6 ou 7 hommes habillés en civile se sont présentés pour nous demander l'autorisation qui nous permet d'avoir cette terrasse. Ne montrant aucun papier justifiant de leurs identités, ils disent que ce sont les aides du Caïd et qu'il sera là dans une quinzaine de minutes. Cela ne nous avait pas inquiété outre mesure sachant qu'un Caïd est complètement concerné par l'essor de son arrondissement et que par conséquent, il n'y aurait aucun problème dès que nous nous serions présentés, expliqués et que nous aurions montré que notre demande légale et légitime est en cour et qu'elle stipule nos travaux avec accusé de réception depuis le 25 Avril.(copie jointe en annexe).

Malheureusement, cela ne s'est pas du tout passé comme cela. Le Caïd arrive et tout se passe très vite. Il demande l'autorisation concernant ces 3,50 m de terrasse, on lui montre la demande cachetée par la direction des ports, il ne la regarde même pas et de la manière la plus musclée et directive qui soit, il donne l'ordre à ses hommes de détruire la terrasse. On lui demande pourquoi, il répond parce que c'est lui l'autorité et qu'il agit dans le cadre de la loi. On lui

demande qui il est, il répond qu'il n'a pas à justifier de sa personne ou de sa qualité. On lui dit que notre travail est démontable et que s'il le veut, on peut procéder au démantèlement par nous-même, il répond que non seulement ce sera détruit mais également mis sous séquestre. On lui demande s'il y a un document sur lequel il se base pour enlever cette terrasse, il répond qu'étant la seule autorité compétente, il n'a besoin d'aucun document pour justifier de ces actes. Devant l'ampleur des dégâts, j'ai essayé de calmer les esprits en expliquant à cet homme (ou plus tôt à cette bête féroce) que nous sommes des investisseurs, que nous respectons les lois, qu'il était non seulement en train de détruire des bien privés mais qu'il anéantissait par la même occasion notre moral et le fruit d'un grand travail de précision. Mon associé voyant qu'il ne me répondait même pas et continuait à donner des ordres à ces troupes, il a protesté sur quoi cet homme, indigne de représenter l'autorité marocaine, encore moins le nouveau concept de l'autorité, commence à crier, dit qu'il est le sous-préfet, qu'il pouvait nous embarquer menottes au points et nous transférer vers le procureur et tout un ensemble de menaces encore. Voyant cela, M. Le Goueff se recule et à cet instant précis j'ai su que j'avais affaire à un malfrat et non à un représentant digne de l'autorité marocaine quand il a dit qu'il n'aimait pas ces klebs, ces mousskhines en parlant de mes amis et associés. Une fois que la destruction fut terminée, cet homme me dit : « vous savez, je n'ai rien contre vous. C'est le propriétaire qui m'intéresse, Je sais qu'il vous a loué le local pour 30 000 DH et c'est toujours pareil, à chaque fois qu'il loue, on ne le voit plus. Appelez-le, dites-lui de vous rendre votre argent comme cela il sera obligé de venir me voir et alors vous pourrez travailler ». Je ne sais même pas d'où il sort ce montant puisqu'il n'a même pas jeté un coup d'½il au contrat nous liant au propriétaire et dont copie ci-jointe en annexe. Au-delà des menaces, intimidations et insultes. Au-delà de l'usurpation de fonction en se faisant passer pour le sous-préfet, l'abus de pouvoir caractérisé et la destruction de nos biens privés, il était en train de me mêler à une escroquerie. Je dois aller faire pression sur le propriétaire pour qu'il aille le voir et qu'il arrange le coup avec lui, comme il le dit si bien. Le stade de l'irresponsabilité est dépassé, je suis en face d'un saboteur qui essaye de détruire tous les efforts que la Maroc entier engage dans le chemin de l'établissement d'un état de droit. Vu tous les challenges et les défis qui nous restent à relever, pour moi c'est de la haute trahison envers le pays et toutes ses institutions

Lundi 8 Mai, le lendemain des faits, je me présente au bureau du Caïd pour protester contre ce qu'il a fait mais il ne m'a même pas laissé parler. C'est lui qui s'est lancé dans un monologue m'expliquant qu'il pouvait tout faire. Tout dépend de lui et de ses décisions et que si nous voulions travailler, il n'y a qu'une seule solution, contraindre le propriétaire à venir le voir.

Lundi 13 Mai, fatigué et las de tout, nous sommes retournés voir ce « CAID ». Comme à son habitude, il n'y a que lui qui parle, il se lance dans de grands discours complètement déraisonnables, s'emmêle dans ses phrases, continue à jouer le maître tout puissant jusqu'à nous dire qu'en tant que responsable, même s'il lui faut détourner la loi quand elle ne va pas dans le sens de l'intérêt cela ne lui posait pas de problèmes. Là nous avions tous acquis la certitude qu'il était complètement fou. Par la suite, il demande à mes associés de sortir et me demande de rester. Là il m'annonce 2 choses qui me choquent et m'indignent au plus haut point. La 1ère, c'est qu'un certain fonctionnaire de police de Mohammedia, du nom de BenAissa lui a dit que mes associés n'auront jamais d'autorisation puisque j'avais mis en cause des fonctionnaires de police dans une affaire de corruption. Bien sûr le caid m'assure que ce fonctionnaire ne posera jamais de problèmes dès qu'il saura que je fais partie du cercle rapproché du Caïd.
La 2ème chose et qui a été décisive quant à l'existence de la présente plainte, c'est qu'il me demande 30 000 DH pour me donner la garantie que je ne serai pas inquiété durant toute la saison. Il m'explique qu'il fait cela uniquement pour me rendre service et que lui-même les donnera à tous ceux qui seraient susceptibles de me causer des ennuis.

Je ne trouve plus de mot pour décrire cette horreur. Une chose est évidente, cet homme ne peut avoir aucune responsabilité dans ce pays parce qu'il n'y a que son intérêt personnel qui compte. Je prie donc votre excellence d'agir comme il se doit pour que notre pays soit nettoyé de cette gangrène, de ce cancer qui nous enlève toute crédibilité vis-à-vis du monde.

Ne doutant pas de votre total dévouement à ce pays et à son essor, je prie votre excellence, de croire en mon dévouement en nos institutions et aux intérêts majeurs de notre pays.
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# Posté le mardi 27 février 2007 04:29

Modifié le mardi 27 février 2007 05:22

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